{"id":32294,"date":"2018-02-07T18:14:55","date_gmt":"2018-02-07T17:14:55","guid":{"rendered":"http:\/\/we-search.be\/?p=32294"},"modified":"2018-03-07T15:25:16","modified_gmt":"2018-03-07T14:25:16","slug":"democratie-representative-linnovation-fondamentaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/2018\/02\/07\/democratie-representative-linnovation-fondamentaux\/","title":{"rendered":"D\u00e9mocratie repr\u00e9sentative : l\u2019innovation pour les fondamentaux"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #be5000\"><em>Par Julien FORTIN<\/em> \u2013\u00a0<em>Membre de l\u2019\u00e9quipe We-Search et m<\/em><i>aster en relations internationales (ULB et Tongji University \u2013 Shanghai)<\/i><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<div align=\"justify\">\n<p><span style=\"color: #be5000\"><strong>La d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative actuelle\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Nous vivons depuis longtemps dans ce que nous appelons la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Celle-ci est d\u00e9crite comme \u00e9tant la forme de gouvernement o\u00f9 les citoyens choisissent parmi un panel de candidats ceux qui les repr\u00e9senteront \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00c9tat, formeront un gouvernement et prendront des d\u00e9cisions engageant la soci\u00e9t\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es. Ce choix se fait \u00e0 intervalles r\u00e9guliers : les \u00e9lections. En Belgique et ailleurs, cette repr\u00e9sentativit\u00e9 est limit\u00e9e par la loi. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il existe des sp\u00e9cificit\u00e9s qui n\u00e9cessitent d\u2019\u00eatre remplies pour se porter candidat, mais aussi que l\u2019on ne peut donner sa voie repr\u00e9sentative qu\u2019en remplissant des conditions particuli\u00e8res<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Dans les deux cas, ces conditions cadrent la d\u00e9mocratie de mani\u00e8re \u00e0 la rendre fonctionnelle.<\/p>\n<p>Depuis la mise en place de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, un organe puissant s\u2019est cr\u00e9\u00e9\u00a0: le parti politique. Selon Benjamin Constant, il s\u2019agit d\u2019un g<em>roupe d\u2019hommes qui professent la m\u00eame doctrine politique.<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> En Belgique, l\u2019article 1<sup>er<\/sup> de la loi du 4 juillet 1989 relative \u00e0 la limitation et au contr\u00f4le de d\u00e9penses \u00e9lectorales, ainsi qu\u2019au financement et \u00e0 la comptabilit\u00e9 ouverte des partis politiques donne sa d\u00e9finition d\u2019un parti politique. Il s\u2019agit de\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>l&rsquo;association de personnes physiques, dot\u00e9e ou non de la personnalit\u00e9 juridique, qui participe aux \u00e9lections pr\u00e9vues par la Constitution et par la loi, qui, conform\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;article 117 du Code \u00e9lectoral, pr\u00e9sente des candidats [au mandat de repr\u00e9sentant]\u00a0dans chaque (circonscription \u00e9lectorale) d&rsquo;une Communaut\u00e9 ou d&rsquo;une R\u00e9gion et qui, dans les limites de la Constitution, de la loi, du d\u00e9cret et de l&rsquo;ordonnance, tente d&rsquo;influencer l&rsquo;expression de la volont\u00e9 populaire de la mani\u00e8re d\u00e9finie dans ses statuts ou son programme<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Plus loin, il est dit que le parti re\u00e7oit une dotation de l\u2019\u00c9tat selon sa repr\u00e9sentativit\u00e9 au sein des h\u00e9micycles de l\u2019\u00c9tat. En gros, \u00e0 partir du moment o\u00f9 un parti politique obtient un certain nombre de si\u00e8ges, il touche de l\u2019argent. Le parti politique y a donc un int\u00e9r\u00eat p\u00e9cuniaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #be5000\"><strong>\u2026 n\u2019en est pas une\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans toutes les d\u00e9mocraties repr\u00e9sentatives, les partis politiques ont obtenu avec le temps un poids \u00e9norme sur le syst\u00e8me repr\u00e9sentatif. Ils ont deux r\u00f4les impactant fortement ce syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Le premier r\u00e9side dans le choix, au sein du parti, des candidats pr\u00e9sent\u00e9s aux citoyens lors des \u00e9lections. Sur ce panel r\u00e9duit par le parti, le citoyen doit choisir qui le repr\u00e9sentera \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00c9tat. Ce choix est discr\u00e9tionnaire. C\u2019est-\u00e0-dire que ce choix se fait sur base de caract\u00e9ristiques diverses pouvant influer sur les r\u00e9sultats : la personnalit\u00e9 socioculturelle du candidat, mais aussi de sa circonscription \u00e9lectorale, le potentiel \u00e9lectoral du candidat, sa motivation, etc. Mais ce choix est fait par une poign\u00e9e de personnes et n\u2019a pas vocation \u00e0 \u00eatre remis en question en interne. Les candidats du parti s\u2019engagent \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9ologie de celui-ci, sa doctrine, repr\u00e9sent\u00e9e lors d\u2019une \u00e9lection par son programme \u00e9lectoral. Celui-ci est le deuxi\u00e8me r\u00f4le du parti politique. Chaque parti politique revendique une id\u00e9ologie claire, opposable aux autres. Selon eux, cette id\u00e9ologie est la v\u00e9rit\u00e9 et elle doit \u00eatre appliqu\u00e9e pour que la soci\u00e9t\u00e9 soit meilleure. Cette id\u00e9ologie est traduite dans un sch\u00e9ma programmatique, en id\u00e9es pratiques, pr\u00e9sent\u00e9e aux \u00e9lecteurs.<\/p>\n<p>En Belgique, apr\u00e8s la confection de la liste des candidats et du programme, c\u2019est au citoyen de faire son entr\u00e9e. Il doit effectuer un double choix lors d\u2019une \u00e9lection\u00a0: le choix du programme et donc du parti auquel il va apporter sa voix et ensuite le choix du ou des candidats sur la liste pr\u00e9sent\u00e9e par le parti. Dans ce sch\u00e9ma, dans ce fonctionnement, l\u2019\u00e9l\u00e9ment central du syst\u00e8me \u00e9lectoral est le parti politique.<\/p>\n<p>En effet, si un citoyen d\u00e9cide de se pr\u00e9senter \u00e0 une \u00e9lection, se propose pour un poste de repr\u00e9sentant, il aurait logiquement toute latitude pour le faire dans une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Mais comme expliqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, il y a des conditions \u00e0 remplir pour pouvoir se pr\u00e9senter. Voici ce qui est explicitement \u00e9crit sur le site de pr\u00e9sentation d\u2019informations et des services officiels de la Belgique\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>Les partis politiques sont un \u00e9l\u00e9ment pour ainsi dire indispensable de la politique belge. Celui qui souhaite faire entendre sa voix en politique doit dans la pratique rejoindre un parti politique existant ou fonder lui-m\u00eame un parti<\/em>.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Dans <em>la pratique<\/em>. C\u2019est un mot fort qui dit qu\u2019on fait les choses diff\u00e9remment que ce qui est attendu. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on agit dans un sens alors que th\u00e9oriquement, on devrait agir autrement.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, la possibilit\u00e9 existe pour qu\u2019un candidat puisse se pr\u00e9senter aux diff\u00e9rentes \u00e9lections. Selon le degr\u00e9 de niveau de pouvoir, il doit obtenir un certain nombre de signatures d\u2019\u00e9lus sortants ou obtenir un certain nombre de signatures de citoyens vivants dans sa circonscription. Dans les faits, il est rare qu&rsquo;un \u00e9lu sortant apporte son soutien \u00e0 une potentielle future opposition. Il reste donc l\u2019appui de citoyens par obtention de signatures. Plus l\u2019enjeu est grand, c\u2019est-\u00e0-dire plus le niveau de pouvoir est \u00e9lev\u00e9, plus le nombre de signatures requises est \u00e9lev\u00e9. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 r\u00e9side toute la difficult\u00e9 pour un citoyen lambda. Car sans structure, il lui est hautement compliqu\u00e9 d\u2019obtenir le nombre de signatures n\u00e9cessaires. Il lui est donc essentiel de cr\u00e9er un groupe avec une structure suffisante. Ce groupe c\u2019est un parti politique. Le serpent qui se mord la queue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #be5000\"><strong>\u2026mais elle est une particratie.<\/strong><\/span><\/p>\n<p>La base de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative \u00e9tait que le citoyen choisisse son repr\u00e9sentant par un vote libre de toute contrainte. Or, le constat que l\u2019on vient d\u2019effectuer d\u00e9montre que l\u2019\u00e9l\u00e9ment central de cette d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, c\u2019est-\u00e0-dire le citoyen, est repouss\u00e9 au second plan et est remplac\u00e9 dans son premier r\u00f4le par le parti politique. Son premier r\u00f4le \u00e9tait de choisir un repr\u00e9sentant. Or dans la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative belge, deux choix sont faits \u00e0 propos du repr\u00e9sentant. Le premier choix est effectu\u00e9 au sein du parti, et le second est r\u00e9alis\u00e9 sur base du premier. Le citoyen est donc amput\u00e9 de son choix total, on lui impose un panel dans lequel il doit choisir. Ce qui, par d\u00e9finition, signifie qu\u2019on lui interdit de choisir en dehors des candidats de partis politiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #be5000\">L\u2019int\u00e9r\u00eat particulier des partis politiques dessert la repr\u00e9sentativit\u00e9<\/span> <\/strong><\/p>\n<p>Bernard Manin souligne que ce sont les \u00e9lections qui font qu\u2019une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative l\u2019est r\u00e9ellement<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Selon lui, elles font en sorte que l\u2019\u00e9lu soit toujours attentif \u00e0 ce que l\u2019\u00e9lecteur d\u00e9sire et qu\u2019il sera jug\u00e9 lors de l\u2019\u00e9lection suivante sur ce qu\u2019il aura r\u00e9alis\u00e9. C\u2019est vrai, mais en partie seulement. Cette conception de l\u2019\u00e9lection ne prend pas en compte l\u2019historique et le psychologique de l\u2019\u00e9lecteur. Historique, parce que chaque citoyen a, inscrit dans son esprit, son parcours id\u00e9ologique personnel comme familial. Psychologique parce que la campagne men\u00e9e par les partis politiques peut faire en sorte d\u2019oublier (si cela n\u2019est pas d\u00e9j\u00e0 fait), de mettre de c\u00f4t\u00e9 ou d\u2019amoindrir les \u00e9checs pr\u00e9c\u00e9dents pour valoriser les r\u00e9ussites. Ainsi, une politique men\u00e9e par un repr\u00e9sentant fortement d\u00e9cri\u00e9e par les citoyens pourrait ne pas avoir d\u2019impact.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019influence de la campagne \u00e9lectorale peut \u00eatre diverse : la campagne, \u00e0 force de souligner les actions positives, ferait que le citoyen ait oubli\u00e9 au jour des \u00e9lections les actions n\u00e9gatives des anciens repr\u00e9sentants, ou encore le citoyen peut consid\u00e9rer que ces actions n\u00e9gatives \u00ab n\u2019\u00e9taient pas si n\u00e9gatives que \u00e7a \u00bb. Il existe \u00e9galement l\u2019historique familial. Membre d\u2019une famille ayant toujours soutenu un parti politique sp\u00e9cifique, le citoyen peut toujours lui apporter son soutien malgr\u00e9 tout ce que ses repr\u00e9sentants qui en sont issus peuvent avoir fait.<\/p>\n<p>La possibilit\u00e9 la plus simple pour que le citoyen n\u2019apporte pas sa voix \u00e0 un tel repr\u00e9sentant, c\u2019est que le parti politique lui-m\u00eame d\u00e9cide de s\u2019en s\u00e9parer. Mais cela implique des consid\u00e9rations plus pratiques que morales. Est-ce qu&rsquo;il est important moralement parlant pour un parti politique de proposer aux choix du citoyen un ancien repr\u00e9sentant qui aurait rempli correctement sa t\u00e2che ? Ou bien, le parti choisirait-il de garder une assise politique potentiellement assur\u00e9e en pr\u00e9sentant la candidature du repr\u00e9sentant d\u00e9faillant en connaissance de cause\u00a0? C\u2019est un calcul rationnel que le parti doit effectuer, \u00e9valuer ce qui sera le plus porteur pour lui. Son int\u00e9r\u00eat particulier prime sur l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. C\u2019est un instinct de survie propre \u00e0 toute \u00e9manation de l\u2019humain. Le parti politique choisira ce qui aura le plus d\u2019impact potentiel sur les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat particulier du parti prime \u00e9galement dans l\u2019h\u00e9micycle. C\u2019est la discipline de parti. C\u2019est-\u00e0-dire que dans cette fa\u00e7on de faire, le parti demande aux repr\u00e9sentants issus de ses rangs de soutenir la position du parti m\u00eame si elle va a l\u2019encontre de leurs id\u00e9ologies, de leurs pens\u00e9es propres. Or, ce comportement va \u00e0 l\u2019encontre de la notion de repr\u00e9sentation du citoyen. Tel que le dit Nadia Urbinati, un \u00e9l\u00e9ment doit \u00eatre pris en compte dans l\u2019\u00e9valuation d\u2019une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, c\u2019est ce qu\u2019elle appelle le voisinage d\u2019id\u00e9es et d\u2019id\u00e9ologies<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Cela signifie qu\u2019un choix de repr\u00e9sentant se fait \u00e9galement sur base d\u2019un rapprochement personnel \u00e9valu\u00e9 sur les id\u00e9es, sur l\u2019id\u00e9ologie du candidat. Par la notion m\u00eame de discipline de parti, le parti politique renverse la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative.<\/p>\n<p>Dans notre d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative actuelle, le parti politique a remplac\u00e9 le r\u00f4le de premier plan du citoyen, il emp\u00eache la pluralit\u00e9 id\u00e9ologique au sein du parlement par sa doctrine unique et il limite encore la repr\u00e9sentativit\u00e9 au sein du parlement par une discipline sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>Ce comportement impos\u00e9 par le parti va \u00e9galement \u00e0 l\u2019encontre du r\u00f4le essentiel du parlement qui est d\u2019observer les travaux du Gouvernement, de valider les d\u00e9cisions prises par ce dernier ou le cas \u00e9ch\u00e9ant de le faire chuter. Aucun gouvernement n\u2019a de pouvoir tant que le Parlement ne lui a pas accord\u00e9 son assentiment que lui-m\u00eame tient des citoyens \u00e0 travers les \u00e9lections.<\/p>\n<p>Or, si les partis politiques imposent souvent la ligne directrice \u00e0 suivre pour leurs mandataires, il est presque impossible pour un repr\u00e9sentant de s\u2019opposer aux d\u00e9cisions du gouvernement si celui-ci est compos\u00e9 en tout ou en partie du m\u00eame parti politique duquel est issu ledit repr\u00e9sentant. L\u2019ind\u00e9pendance des parlementaires doit \u00eatre remise en question. Cela implique que le parlement perd son r\u00f4le de contre-pouvoir en faveur du pouvoir ex\u00e9cutif du Gouvernement.<\/p>\n<p>Cela implique \u00e9galement que les d\u00e9bats au sein de l\u2019h\u00e9micycle sont st\u00e9riles et pr\u00e9sentent une dichotomie infranchissable entre opposition et majorit\u00e9. Il va sans dire que pour l\u2019opposition, la majorit\u00e9 fait fausse route, est dans l\u2019erreur constante et ne fait rien de bien. Tandis que pour la majorit\u00e9, ses propres d\u00e9cisions n\u2019ont que des r\u00e9sultats positifs et qu\u2019il ne faut pas changer d\u2019un iota la ligne directrice. Ce r\u00f4le des partis politiques a pris une telle ascendance sur les parlementaires qu\u2019une opposition constructrice, c\u2019est-\u00e0-dire une opposition qui propose des am\u00e9liorations, des projets innovants et positifs, n\u2019est pas une priorit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #be5000\"><strong>Faire preuve d\u2019innovation dans le syst\u00e8me<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Id\u00e9e. D\u00e9bat. Projet.<\/p>\n<p>De ces trois mots, un syst\u00e8me d\u00e9mocratique peut \u00e9clore. Chaque citoyen peut avoir des id\u00e9es. Les id\u00e9es traversent les couches sociales, s\u2019opposent l\u2019une \u00e0 l\u2019autre pour en produire d\u2019autres, plus consensuelles, plus performantes. De ces id\u00e9es viennent le d\u00e9bat, l\u2019\u00e9change de points de vue. Si chaque citoyen peut avoir une id\u00e9e, chaque citoyen peut prendre la parole et la d\u00e9fendre. Enfin, apr\u00e8s chaque d\u00e9bat, un consensus se d\u00e9gage pour produire un projet. Ce projet de vie, ce projet de soci\u00e9t\u00e9 qui doit viser \u00e0 un mieux vivre pour tous les citoyens.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9videmment ce que vers quoi doit tendre une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Celle qui peut mener \u00e0 la repr\u00e9sentation de tous les citoyens dans leurs choix et d\u00e9cisions, c\u2019est celle qui prend en compte l\u2019avis d\u00e9velopp\u00e9 de tous les citoyens.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, dans une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative comme la n\u00f4tre, c\u2019est impossible. Or, il est n\u00e9cessaire de faire revenir l\u2019id\u00e9e sur le devant de la sc\u00e8ne. C\u2019est l\u2019id\u00e9ologie. L\u2019\u00e9lection doit rester l\u2019\u00e9l\u00e9ment central de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, c\u2019est par ce moyen que le citoyen aborde celle-ci et accorde son choix. Mais l\u2019\u00e9lection doit d\u2019abord porter sur l\u2019id\u00e9ologie. Les partis politiques ne doivent pas avoir le monopole de l\u2019id\u00e9ologie et dans ces conditions ne devraient pas \u00eatre les seuls \u00e0 pouvoir pr\u00e9senter un programme.<\/p>\n<p>Il existe aujourd\u2019hui des dizaines de <em>think tanks<\/em> pour chaque discipline touchant directement ou indirectement l\u2019\u00c9tat. Compos\u00e9s d\u2019experts, ces laboratoires d\u2019id\u00e9es ont tout ce qu\u2019il faut pour proposer des programmes concernant leur discipline. Et ces programmes seront diff\u00e9rents les uns des autres, car chaque <em>think tank<\/em> peut repr\u00e9senter une id\u00e9ologie particuli\u00e8re. Les syndicats, les ONG, les regroupements citoyens tels que le G1000, les partis politiques, etc. L\u2019ensemble des institutions impliqu\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9 doivent avoir la possibilit\u00e9 de proposer un programme, une id\u00e9e. \u00c9videmment, la difficult\u00e9 reviendrait probablement \u00e0 la tr\u00e8s (trop) longue liste de ces id\u00e9es. Et \u00e9ventuellement aussi \u00e0 la complexit\u00e9 que pourraient repr\u00e9senter certaines, notamment en \u00e9conomie.<\/p>\n<p>Le citoyen devra faire un choix de programme vers lequel il d\u00e9sire que la soci\u00e9t\u00e9 se dirige en \u00e9conomie, en justice, en taxation, en \u00e9ducation, en relations internationales, en m\u0153urs, en vie soci\u00e9tale, lois du travail, etc., et ce durant le mandat \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Ce choix d\u00e9terminera un programme global et imp\u00e9ratif pour lequel les citoyens devront choisir par apr\u00e8s leurs repr\u00e9sentants qui travailleront \u00e0 la mise en application de la partie du programme pour lequel ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lus. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il n\u2019y aurait plus de gouvernement tel qu\u2019on l\u2019entend aujourd\u2019hui ni de parlement. Chaque commission serait \u00e9lue directement par les citoyens et touchera un ou plusieurs sujets du programme \u00e0 appliquer. Chaque commission aura comme r\u00f4le d\u2019appliquer et mettre en place le point du programme qui la concerne. Le repr\u00e9sentant qui, au sein de sa commission, aura obtenu le plus grand score personnel en termes de voix de pr\u00e9f\u00e9rence, en sera le responsable. Les candidats aux commissions se pr\u00e9sentent seuls, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils ne sont pas sur une liste et ne profitent pas d\u2019un potentiel effet d\u00e9volutif des r\u00e9sultats obtenus. Ils peuvent \u00eatre support\u00e9s ou non par un groupe de citoyens.<\/p>\n<p>Ce mandat imp\u00e9ratif ne laisse \u00e9videmment pas la place \u00e0 des d\u00e9cisions qui pourraient aller \u00e0 l\u2019encontre du programme \u00e9lu par les citoyens. Cependant, notre monde n\u2019est pas fig\u00e9 et fait face \u00e0 d\u2019innombrables mouvements pr\u00e9visibles comme impr\u00e9visibles. Or, cette impr\u00e9visibilit\u00e9 doit pouvoir \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e si cela s\u2019av\u00e9rait n\u00e9cessaire. C\u2019est pourquoi les citoyens doivent \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement questionn\u00e9s par les commissions et leurs responsables sur les questions dites de soci\u00e9t\u00e9. Les commissions \u00e9tant \u00e9lues sur un programme d\u00e9limit\u00e9, il serait incompr\u00e9hensible qu\u2019elles prennent une d\u00e9cision impactant toute la soci\u00e9t\u00e9 alors que les citoyens n\u2019ont pas donn\u00e9 leur opinion.<\/p>\n<p>La logique est la m\u00eame quand un groupe de citoyens, entre deux \u00e9lections, d\u00e9sire apporter sa pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice. Rien ne doit emp\u00eacher \u00e0 tous citoyens le droit de p\u00e9tition et de faire parvenir les r\u00e9sultats de celle-ci \u00e0 la commission concern\u00e9e qui en prendra connaissance et, selon les conditions y aff\u00e9rentes, y apportera une r\u00e9ponse ad\u00e9quate.<\/p>\n<p>Les partis politiques seront toujours pr\u00e9sents au sein des commissions. Il est de la nature humaine que de se regrouper. Et rien ne les emp\u00eache de pr\u00e9senter \u00e9galement leur candidat pour celles-ci, sans pour autant former des listes. Toutefois, le mandat imp\u00e9ratif octroy\u00e9 par les citoyens ne permettra pas la marge de man\u0153uvre n\u00e9cessaire aux partis politiques pour bloquer les d\u00e9bats et les avanc\u00e9es pour la soci\u00e9t\u00e9 par la discipline de parti. Le repr\u00e9sentant \u00e9lu s\u2019est engag\u00e9 en se pr\u00e9sentant \u00e0 appliquer le programme qui a \u00e9t\u00e9 choisi en premier lieu par les citoyens. Ce choix est la ligne directrice de cette d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Ce choix repr\u00e9sente le projet pour lequel les citoyens ont apport\u00e9 leur cr\u00e9dit et pour lequel les repr\u00e9sentants sont \u00e9lus afin de le mettre en place. Ce projet de soci\u00e9t\u00e9 est continuellement soutenu par les citoyens.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #be5000\"><strong>En conclusion<\/strong><\/span><\/p>\n<p>\u00c9videmment, tout cela n\u2019est qu\u2019une projection de ce que pourrait \u00eatre une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative diff\u00e9rente de la n\u00f4tre, o\u00f9 les partis politiques auront laiss\u00e9 l\u2019espace n\u00e9cessaire aux citoyens pour qu\u2019ils agissent r\u00e9ellement dans leur soci\u00e9t\u00e9. Rendre le syst\u00e8me plus direct et repr\u00e9sentatif permettra de renforcer l\u2019essence d\u00e9mocratique d\u2019un tel syst\u00e8me. De plus, c\u2019est un syst\u00e8me qui offre la possibilit\u00e9 d\u2019additionner au sein des politiques d\u2019\u00c9tat des id\u00e9ologies diam\u00e9tralement diff\u00e9rentes selon la commission, or aucune philosophie politique n\u2019est la solution pour l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. Celle-ci \u00e9tant complexe, elle demande un syst\u00e8me de gestion complexe, impliquant des apports philosophiques diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>\u00c0 notre \u00e9poque, les citoyens se plaignent de ne pas \u00eatre la principale pr\u00e9occupation des politiques, et comme il l\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, le terme repr\u00e9sentatif ne peut \u00eatre r\u00e9ellement octroy\u00e9 au syst\u00e8me politique actuel du fait de ses d\u00e9fauts. Des solutions existent, originales ou non. L\u2019innovation offre au moins l\u2019espoir de trouver la grande solution \u00e0 tous les d\u00e9fauts des syst\u00e8mes d\u00e9mocratiques qui ont d\u00e9j\u00e0 vu le jour dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que des questions auront \u00e9merg\u00e9 dans l\u2019esprit de chaque lecteur apr\u00e8s avoir pris connaissance de ce texte. Et c\u2019est son objectif. Car un projet de syst\u00e8me politique n\u2019est pas issu d\u2019un seul esprit, il doit pouvoir \u00eatre discut\u00e9 entre de nombreuses personnes qui apporteront une r\u00e9ponse \u00e0 toute question potentiellement \u00e9mise. Un syst\u00e8me est le produit de plusieurs esprits critiques qui le soutiendront par leurs petites innovations.<\/p>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.lacommune.be\/?page_id=1012\">http:\/\/www.lacommune.be\/?page_id=1012<\/a> (26\/01\/18)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> CONSTANT, Benjamin, 1816.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Loi du 4 juillet 1989 \u2013 Loi relative \u00e0 la limitation et au contr\u00f4le des d\u00e9penses \u00e9lectorales [engag\u00e9es [pour l\u2019\u00e9lection de la Chambre des repr\u00e9sentants]], ainsi qu\u2019au financement et \u00e0 la comptabilit\u00e9 ouverte des partis politiques. Publication\u00a0: 20-07-1989, num\u00e9ro\u00a0: 1989000418, page 12715.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.belgium.be\/fr\/la_belgique\/pouvoirs_publics\/democratie\/partis_politiques%20(24\">https:\/\/www.belgium.be\/fr\/la_belgique\/pouvoirs_publics\/democratie\/partis_politiques (24<\/a> janvier 2018).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> LANDEMORE H\u00e9l\u00e8ne, interview de MANIN Bernard et URBINATI Nadia, avril 2007. <a href=\"http:\/\/jmdinh.net\/objet\/burke\">http:\/\/jmdinh.net\/objet\/burke<\/a> (26\/01\/2018)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Idem.<\/p>\n<span class=\"et_bloom_bottom_trigger\"><\/span>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Julien FORTIN \u2013\u00a0Membre de l\u2019\u00e9quipe We-Search et master en relations internationales (ULB et Tongji University \u2013 Shanghai) La d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative actuelle\u2026 Nous vivons depuis longtemps dans ce que nous<a class=\"moretag\" href=\"https:\/\/we-search.be\/index.php\/2018\/02\/07\/democratie-representative-linnovation-fondamentaux\/\"><span class=\"screen-reader-text\">En savoir plus surD\u00e9mocratie repr\u00e9sentative : l\u2019innovation pour les fondamentaux<\/span>[&#8230;]<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":58474,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[4],"tags":[15,14,17,16],"class_list":["post-32294","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-we-discuss","tag-citoyennete","tag-democratie-representative","tag-particratie","tag-partis-politiques"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/we-search.be\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Panorama_de_lhe%CC%81micyle_de_lassemble%CC%81e_nationale.jpg?fit=2790%2C1311&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9cJNf-8oS","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32294","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32294"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32294\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":32324,"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32294\/revisions\/32324"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/58474"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32294"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32294"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/we-search.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32294"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}